Les carnets de Carine et Laurent

Suzhou, Zhouzhuang et mésaventures culinaires (Chronique #6)

Eh oui, ça fait un mois aujourd’hui que nous sommes arrivés à Shanghai ! Mais nous on a l’impression d’être là depuis beaucoup plus longtemps tellement ce mois a été dense et riche en découvertes ! Pour le moment, l’expérience nous enchante à tous points de vue, le dépaysement est grand mais les repères connus du monde occidental suffisamment nombreux pour qu’on ne soit pas trop déphasés. Donc l’adaptation nous semble plutôt facile.

Première bonne nouvelle de la semaine : on en a enfin terminé avec les formalités administratives d’arrivée ! ça y est, nous avons nos cartes de résidents, qui ressemblent à des mini-passeports, et que nous devons avoir toujours avec nous. Laurent a son permis de travail (pas moi, bien sûr, pour avoir le permis, il faut déjà trouver le travail !). Et nous sommes immatriculés en bonne et due forme au consulat de France (comme ça on ne peut pas nous perdre !)

Deuxième bonne nouvelle : depuis lundi, Laurent n’est plus seul abandonné dans son bureau vide, il a été rejoint par ses deux collègues francophones (un Français, et un Chinois formé en France). Mais cela ne l’empêche pas de continuer ses échanges linguistiques : il a trouvé dans l’autre filiale un vendeur chinois qui étudie le français, donc échange de bons procédés, une leçon de français contre une leçon de chinois. D’ailleurs, il y a urgence pour lui (comme pour moi) à progresser, car il a besoin de bien maîtriser le chinois pour commencer à aller vraiment démarcher des clients locaux. C’est donc la priorité du moment.

Et l’anecdote du jour : nous avons rencontré un couple de français qui habitent ici depuis quelques mois. et puis finalement, on s’est aperçu qu’ils venaient tous les deux de… Groslay !!! à un an près, on a donc fréquenté les mêmes écoles, collèges, lycées, transports en commun, cinémas, etc… et il fallait qu’on se rencontre en Chine (merci, Maud).

Voilà pour les nouvelles !

Maintenant, chose promise, chose due, suite et fin de nos mésaventures touristiques en compagnie de mes parents la semaine dernière.

Suzhou - Le jardin de la Politique des Simples

Suzhou – Le jardin de la Politique des Simples

Nous avons profité de l’occasion pour faire nos deux premières excursions en dehors de Shanghai. Enfin, une seule pour Laurent, la deuxième ayant eu lieu pendant qu’il était au bureau… Mais ce n’est pas grave puisque cette deuxième excursion nous a emmenés à Suzhou, une jolie ville réputée pour ses jardins magnifiques, que nous avions déjà visitée pendant notre voyage de noces. L’occasion pour moi, en l’absence de Laurent, de me débrouiller toute seule pour acheter les billets de trains, commander les repas au restaurant, etc… (toutes choses pour lesquelles on ne pouvait compter que sur moi, étant la seule à parler chinois !). Finalement, on n’a pas eu trop de mauvaises surprises (quoique… pour le restaurant… il faut justement qu’on vous en parle…)

Une journée à Suzhou, donc, et ses jardins enchanteurs, d’autant plus en cette saison printanière, avec des parterres de fleurs magnifiques et des bosquets entiers d’azalées qui explosent de couleurs vives. Une journée plutôt agréable, malgré une chaleur torride, et relativement au calme…

zhouzhuang en chine

Zhouzhuang, un samedi après-midi… Bain de foule garanti!

Tout le contraire de notre première expédition, à Zhouzhuang, une toute petite ville ancienne très bien préservée, avec ses canaux et ses petits ponts de bois. Magnifique ! l’endroit est peu connu des touristes étrangers, mais très apprécié des Chinois. Et dire que nous, on y est allé un samedi : bain de foule garanti !!! (ceci dit, pas forcément pire que la rue principale du Mont St Michel le week-end…). Mais c’est typique ! car les Chinois font beaucoup de tourisme dans leur pays, et on en rencontre partout, sous forme de groupes (in)disciplinés, bruyants et encombrants, le plus souvent coiffés de casquettes multicolores et dotés d’un guide armé d’un drapeau et d’un haut-parleur réglé à fond. Eviter les groupes et fuir les hauts-parleurs qui viennent vous hurler dans les oreilles font partie du jeu et sont un moment fort de tout voyage touristique en Chine (ces moments forts reviennent hélas plusieurs fois au cours du voyage !). En résumé, une excursion très sympa, avec ambiance locale et belles choses à voir, mais aussi éreintante (dodo dans la voiture sur le chemin du retour…). On vous la recommande !

Zhouzhuang

Zhouzhuang, une des innombrables « Venise » du monde. Magnifique!

Parmi les expériences propres au voyage en Chine, il y a aussi le restaurant. Le restaurant, c’est aussi très typique, pas seulement parce qu’on est obligé d’y aller en tant que touriste, mais aussi parce que les Chinois eux-mêmes y mangent souvent. Il y a donc des restos partout, mais attention, contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, on ne peut pas manger à n’importe quelle heure : les Chinois mangent tôt (déjeuner à partir de 11h30, dîner à partir de 18h30) et, en dehors des lieux très touristiques, si on se pointe trop tard, il n’y a souvent plus rien à manger ! un peu contraignant quand on est en voyage, mais pas seulement. Par exemple, nous quand on veut sortir dîner le samedi soir avec des amis occidentaux, aussi peu habitués que nous aux horaires chinois, le choix de restaurants où on peut arriver à 21h est plus restreint. Et encore, ici c’est Shanghai, la grande ville occidentalisée.

Autre caractéristique du restaurant chinois de base (c’est à dire le petit resto de quartier où les Chinois viennent manger tous les jours) : on ne s’attarde pas à table, on mange et on s’en va, point. Là encore, si on veut passer une soirée sympa, il nous faut choisir un resto un peu moins typique, un peu plus « pour occidentaux », où on peut passer deux heures à table et discuter tranquillement quand on a fini de vider nos plats.

Ces restaurants « moins chinois » ont aussi un autre avantage, souvent ils ont une carte en anglais. Parce que lire la carte en chinois, c’est vraiment trop dur, alors, nous la plupart du temps, quand on n’a pas de carte en anglais, eh bien, on ne sait pas ce qu’on mange ! résultat, même si c’est bon, on ne pourra probablement jamais en remanger, même par hasard, parce qu’on ne sait pas comment ça s’appelle… Le mieux, c’est d’aller au resto avec un Chinois, qui lui saura commander les bonnes spécialités. c’est ainsi que mes parents ont pu goûter de la méduse… (vous leur demanderez ce qu’ils en ont pensé)

Remarquez que même une carte en anglais peut être source de surprise… Ainsi nous avons commandé dans un restaurant cantonais du « duck’s web » (que ceux qui savent ce que ça veut dire ne rigolent pas, nous on savait pas) ; d’ailleurs, quand on a commandé, la serveuse a eu l’air surprise et nous a demandé si on était sûrs de notre choix, mais on s’est obstiné, on voulait manger du canard. Mais finalement, quand la patte palmée est arrivée dans sa petite assiette pleine de sauce… (il faut dire que commander au pif dans un resto cantonais, c’est toujours plus risqué qu’ailleurs, car les Cantonais sont réputés pour manger « tout ce qui a 4 pattes sauf les tables, et tout ce qui a des ailes sauf les avions »). Au final, je dois préciser que Papa a courageusement mangé l’intégralité de la patte (Laurent n’était pas là pour se dévouer).

Le plus simple, finalement, c’est ce que nous faisions pendant notre voyage de noces, c’était de regarder ce que mangeaient nos voisins et commander la même chose si ça avait l’air sympa (ça n’élimine pas totalement le risque de mauvaise surprise, mais en grande partie). D’ailleurs, on avait remarqué alors que les Chinois faisaient pareil, de temps en temps ils regardaient ce qu’on était en train de manger et commandaient la même chose. Malheureusement, cette méthode ne semble pas être en usage à Shanghai, et nous n’avons vu personne faire comme ça. Dommage, c’était bien pratique.

En dehors de l’épreuve du menu, le restaurant en Chine est toujours une source de curiosités ou de spectacles incongrus. une des choses les plus surprenantes est le ballet des serveurs/serveuses. le personnel, comme souvent en Chine, est la plupart du temps pléthorique, et il n’est pas rare de voir plus de serveurs désœuvrés que de clients attablés. Ici, pas la peine de héler désespérément un serveur débordé comme c’est le cas dans les restaurants en France, il y a toujours quelqu’un pour débarrasser le plat à la seconde même où vous avez pris le dernier morceau… de plus, le fonctionnement est très codifié et hiérarchisé, surtout dans les restaurants un peu plus chics : il y a ceux qui prennent la commande (comble du chic, dans les restos les plus touristiques, ceux-là – et seulement eux – parlent anglais), ceux qui servent, ceux qui débarrassent, ceux qui apportent les plats de la cuisine. Eux, c’est le bas de la hiérarchie, ils se contentent de porter les plateaux – quelqu’un d’autre prend les plats sur le plateau pour les poser sur la table -, souvent ils ont des traits plus grossiers, probablement des gens venus des campagnes reculées pour chercher du travail à la ville, et parfois, ils comprennent à peine le mandarin. Ici, c’est chacun à sa place et pas de mélange !

Il y aussi un côté très militaire : à la fin du service, tous les serveurs/serveuses s’alignent en rang, au garde à vous, sur le trottoir en attendant on ne sait quelle inspection, et puis un signal imperceptible, et hop tous s’éparpillent comme une volée de moineaux dans le plus grand désordre. Laurent a même vu un contingent de serveuses en uniforme (jupette, tablier et talons hauts) au pas de course devant un groupe de militaires : il parait que certains restaurants font faire un entraînement quotidien à leur personnel pour le garder en forme…

A méditer…

Notre programme pour les prochains jours : DEJA DES VACANCES pour Laurent, car la semaine du 1er mai est une semaine de vacances ici. Il y a 3 semaines de vacances pour les Chinois : la semaine du 1er mai (fête du travail), la semaine du 1er octobre (fête nationale) et celle du jour de l’an chinois (selon les années, entre le 15 janvier et le 15 février). ici, pas d’histoires de zones ou de vacances étalées, donc imaginez ce que ça donne, 1,2 milliards de Chinois qui partent tous en vacances en même temps !!! (déjà que le WE, c’est dur…) ; conclusion pour cette semaine : pas moyen de quitter Shanghai (il aurait fallu réserver transports et hôtels il y a un mois) donc nous allons en profiter pour affiner notre exploration de la ville et de ses environs proches (d’autres excursions amusantes en perspective !)

 

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