Les carnets de Carine et Laurent

En Chine, parlons chinois! (Chronique #4)

Shanghai, la suite ! Nous sommes dans notre troisième semaine… une semaine un peu spéciale puisque mes parents arrivent à Shanghai jeudi après-midi !

Plusieurs d’entre vous nous ont fait remarquer, à la suite de nos premières chroniques, que finalement la vie à Shanghai n’avait pas l’air si dépaysante, ni exotique (c’est vrai qu’entre Carrefour et Ikea…). Il faut bien savoir que Shanghai est avant tout une grande ville moderne qui n’a rien à envier aux grandes métropoles occidentales. C’est même une ville à certains égards beaucoup plus moderne que Paris, notamment parce qu’on y trouve pas (moins) le patrimoine architectural et historique qui donne à Paris son vernis de ville ancienne (parlerons-nous de Vieux Continent ?). A Shanghai on trouve avant tout des tours et des immeubles, des carrefours (pas les supermarchés) gigantesques, des autoroutes suspendues, des malls (centres commerciaux de je ne sais combien d’étages) chics et aseptisés, des marques internationales, des restos et des bars branchés, des chaînes archi standardisées (Mc Do, Pizza Hut, KFC, Starbucks, etc), et des gens pressés pendus à leur téléphone portable.

Shanghai: une grande ville très très moderne!

Shanghai: une grande ville très très moderne!

Le climat n’est pas non plus particulièrement propice au dépaysement, il n’est ni spécialement rude, ni spécialement doux, c’est un climat tempéré avec des saisons comme en Europe (même si les étés vont être un peu plus chauds). En ce moment c’est donc le printemps, il fait un temps assez variable et les températures oscillent entre 10 et 20°C…

Ce qui reste d’historique à Shanghai n’est même pas représentatif de la Chine traditionnelle, puisque le patrimoine architectural est surtout constitué par les restes des anciennes concessions étrangères, et donc d’une architecture à l’européenne. Et la vieille ville y est un peu trop « restaurée » pour faire vraiment authentique (rien à voir avec Beijing).

Donc, non, ici ce n’est pas la Chine des campagnes, les paysages ne font pas rêver et nous ne vivons pas au milieu des rizières. Et ce n’est pas non plus la Chine millénaire et sa culture si riche qui frappent au premier abord, pour cela il aurait plutôt fallu vivre à Beijing ou à Xi’an (bof…).

Par contre, tout cela, nous avons bien l’intention de le découvrir au fil du temps, en profitant de notre séjour ici pour explorer le reste du pays. Cela ne nous empêche pas d’apprécier Shanghai par ailleurs.

Mais surtout, le dépaysement et l’exotisme, nous allons les trouver dans les mille détails de la vie quotidienne, à commencer par la communication avec les Chinois.

En effet, nous expérimentons au jour le jour la barrière linguistique, et l’insuffisance profonde de notre mandarin (qu’ici tout le monde parle, heureusement, car notre connaissance du shanghaïen est quant à elle totalement inexistante)…

La première difficulté consiste à communiquer avec le staff de notre résidence (abondant, et fort peu occupé ; ils passent le plus clair de leur temps à jouer au badminton ou à des jeux en réseaux). Certains parlent vaguement anglais, mais pas tous, alors allez leur expliquer que le four micro-ondes ne marche pas, qu’on voudrait accrocher des photos au mur, ou qu’il faudrait changer les rideaux !!! (ici, tout est interchangeable à la demande, apparemment ça fait partie de la prestation…).

Le deuxième obstacle consiste à acheter un appareil électrique dont nous puissions comprendre le fonctionnement. Pas de problème pour la bouilloire électrique ou le rice-cooker : même pas besoin de notice. Les choses se compliquent déjà avec les téléphones fixes : vous appuyez sur un bouton en croyant mettre le haut-parleur, mais en fait c’est la touche bis (y’avait qu’à savoir lire le chinois !). Laurent a passé un temps fou à choisir nos téléphones portables, il fallait en trouver qui proposent un affichage en anglais… Quant à l’imprimante multifonction, la seule solution vraiment adéquate (à défaut d’être pratique) consiste à choisir un modèle d’une marque internationale, dont on puisse télécharger la notice en français/anglais sur internet…

Sinon, on peut se faire expliquer le fonctionnement en magasin : la vendeuse peut vous faire une démonstration complète du robot-mixeur-blender avec sons à l’appui (vrrrr ! pour la vitesse 1, vrrrr vrrr vrrr ! pour la vitesse 3). Mais quant à savoir quel bol utiliser pour quel usage, ça…

Mais attention ! il ne faut pas nous croire totalement handicapés ! on peut quand même demander notre chemin dans le métro, faire des courses, commander un plat au restaurant (encore que… on ne sait pas toujours ce qu’on mange…). Mais par exemple chez Carrefour, il faut se contenter d’acheter ce qu’on trouve tout seul. Non, nous ne sommes pas encore capable de demander où se trouvent les piles (faudrait déjà savoir dire « piles », et puis ensuite, il faudrait pouvoir comprendre la réponse… ). Donc on attend de tomber dessus par hasard… (pour l’instant : pour la prochaine fois, on révise dans le dictionnaire !)

Et puis, maintenant Laurent commence à apprendre un autre vocabulaire plus spécialisé : « systèmes de dispensation »…

A part ces légers problèmes de communication, tous les Chinois que nous rencontrons ici sont plutôt gentils. On les amuse beaucoup (qu’est qu’on les fait rire, des fois !) mais ils sont le plus souvent aimables et serviables, faisant des efforts pour nous aider à comprendre (sauf chez Carrefour, culture d’entreprise oblige ?). Ils continuent (observation déjà faite pendant notre précédent voyage) à trouver tout à fait normal que l’on parle chinois, même moi, et d’ailleurs, la plupart du temps, ils s’adressent spontanément à vous en chinois, même si ça se voit sur votre tête (la mienne, pas celle de Laurent, bien sûr) que vous n’allez rien comprendre. Par exemple, lundi, dans le bus, un Chinois m’a demandé à quel arrêt on était !

Mais par contre, quand ils se rendent compte que ce n’est finalement pas votre langue maternelle, ils sont globalement assez tolérants sur vos fautes et votre accent (plus ici qu’à Beijing) et ils apprécient quand on leur demande du vocabulaire. Par exemple, prenez une botte d’asperges et demandez à n’importe qui comment ça s’appelle en chinois, et on se fera une joie de vous répondre, vous montrer l’étiquette correspondante, voire de vous expliquer comment ça se cuisine…

Toutefois, il faut bien dire que pour le moment, nos contacts avec les Chinois sont assez limités, à part ceux que Laurent fréquente dans son boulot.

Pour compenser, nous avons commencé à prendre des contacts dans la communauté française de Shanghai. Nous avons d’abord contacté les « amis d’amis », ce qui nous a donné l’occasion de dîner vendredi dernier avec un couple de Français très sympa, installé ici depuis le mois de septembre. Nous avons aussi pris contact avec les anciens ESCP qui se trouvent à Shanghai (une bonne vingtaine de personnes, quand même !).

Last but not least, j’ai assisté cette semaine à 2 réunions d’information, l’une sur la vie à Shanghai organisée par le Cercle Francophone, et l’autre sur l’emploi organisée par la CCI franco-chinoise. Ce qui m’a permis de rencontrer d’autres « femmes d’expats » récemment arrivées, et de me faire quelques copines !!!

Les activités du Cercle ont l’air assez attractives (pas d’atelier patchwork… mais des sessions d’œnologie, des apéros, des tournois de tennis et des activités culturelles comme la pièce de théâtre annuelle… Plus de détails quand nous commencerons à participer de plus près à ces activités !

On m’a dit que je devais à mon tour raconter mes journées… Alors, le matin, quand Laurent part à 7h15, je me recouche, je dors jusqu’à midi, ensuite je me lève, je mange, puis je me colle devant TV5 (génial, il y a « On a tout essayé »)… Oups, je plaisante !

Tout ça pour dire que pour le moment mes journées sont bien moins exotiques que celles de Laurent (je range les affaires, je décore l’appart, je m’occupe de démarches diverses et variées et je passe du temps, beaucoup de temps, à écrire des mails…) mais ne vous inquiétez pas, dès que ça viendra, je vous raconterai moi aussi toutes mes petites aventures !

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