Les carnets de Carine et Laurent

Travailler en Chine : premières impressions (Chronique #3)

On nous a réclamé plus d’infos sur le boulot de Laurent. En voici, par l’intéressé himself, que j’ai interviewé ce matin entre deux rendez-vous :

Comment se passe ton travail ?

J’ai commencé à travailler la semaine dernière et on ne peut pas vraiment dire que le démarrage se fasse en douceur. 3 jours après mon arrivée débarque le DG de ma boite et on file voir un de nos plus gros clients en Chine à 2 heures de voiture d’ici. Pendant tout le trajet, discussions business et projections dans l’avenir (c’est que ça se fait pas comme ça la mise en place d’une unité de production et de vente).

C’est aussi la course pour récupérer nos bagages à la douane avec tout ce que cela comporte de procédurier et d’incompréhensible, se procurer un téléphone portable qui parle anglais (faut trouver comment mettre tout en anglais) et qui n’a bien sûr pas de manuel en anglais.

Bref que du bonheur. Heureusement, ma collègue hongkongaise qui n’a pas les deux pieds dans le même sabot, qui m’écrit a trois heures du matin, parle assez bien mandarin pour traduire ce qui se dit. Allez comprendre comment marche le système de téléphonie mobile en Chine, déjà qu’en France je n’y ai jamais rien compris entre les différentes formules, forfaits, options (et pourtant je baignais dedans!!).

Quelles sont tes conditions de travail ?

Je me retrouve donc dans une usine de quelque 5000 personnes (l’équivalent d’une unité de 600 à peu près en France vu le degré d’automatisation) qui fabrique des emballages pour produits cosmétiques et d’hygiène. Les locaux sont très confortables et il y a peu de gens qui parlent anglais, même parmi les managers. J’ai le privilège en tant que français de manger à la cantine des managers (une quinzaine de personnes à tout casser) ie une salle assez agréable, avec des fenêtres (parce que sinon dans les bureaux, point) où on mange assez bien (chinois bien sur) et où on rapporte son plateau à la cantine et on le vide dans la poubelle – ce qui m’étonne vu que globalement, il y a d’habitude toujours quelqu’un pour faire ce genre de chose pour vous, sinon on leur vole leur emploi… Ce midi je vais essayer la cantine pour les pas managers.

Et comment occupes-tu tes journées jusqu’à présent ?

Tout se fait en chinois et j’ai un peu du mal à suivre pour l’instant alors j’appelle parfois à l’aide les trois personnes de l’usine qui peuvent me traduire ce qu’on essaie de me faire comprendre.

En attendant l’arrivée d’un expat français et d’un ingénieur chinois à la fin du mois, je me retrouve pour l’instant seul dans mon open space de 8 places (la taille de notre bureau de chez FT ;-). Je passe mon temps au téléphone entre la France et Hong Kong (où se trouvent mon boss et ma collègue, pratique!!) à faire le lien, la barrière du langage et des façons de travailler étant vraiment un frein. « Not enough feedback from France, no answer on time » et « Ils sont fous ces chinois, ils vous répondent même à deux heures du mat ».

Pour l’instant je me plonge dans les dossiers en cours en gérant les dossiers chauds avant de commencer à aller voir les clients tout seul comme un grand. Des clients japonais visitent l’usine Vendredi. Ils vont être mes cobayes, je vais les obliger à acheter mes pompes (sinon ils ne sortent pas d’ici). Bon, si je fais comme ça, c’est pas sûr que je vende quoique ce soit…

 

Et les horaires ?

Pour les horaires, c’est assez pratique grâce au mail et au téléphone portable (mais comment faisaient-ils avant ???). Je prends à 7h15 un mini bus d’entreprise qui vient récupérer les taiwanais qui habitent dans notre résidence. Je commence à 8h. A midi on mange rapidement et on se remet au boulot. Le soir, c’est assez bien, je suis chez nous par le même bus à 18h. Ensuite, grâce aux mails et au téléphone portable, je peux harceler les usines françaises jusqu’à minuit ie 18h en France (entre 2 plats au resto ou 2 coups de fer à repasser). Je comprends mieux comment les Chinois font pour qu’on croit qu’ils travaillent beaucoup ! En fait c’est plutôt pratique, le matin on s’occupe de ses affaires et clients ici, l’après midi on gère les problèmes avec la France et on en remet une couche le soir. Je trouve que c’est mieux structuré comme horaires et comme je dois me conformer aux horaires du bus, pas de soirées à rallonge au bureau. Résultat, on ne bosse pas forcement plus longtemps, c’est plus efficace.

Merci Laurent !

Beaucoup d’entre vous nous ont gentiment écrit pour dire qu’ils trouvaient nos chroniques intéressantes ! ça nous fait bien plaisir… donc on va essayer de continuer à vous donner des nouvelles très régulièrement. Bien entendu, si on pollue trop votre boîte aux lettres, n’hésitez pas à nous le dire, on ne le prendra pas mal !

Quoi qu’il en soit, continuez aussi à nous donner des nouvelles de France (et d’ailleurs), c’est très agréable tous ces petits mails qu’on reçoit tous les jours !

 A très bientôt

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