Au sommaire cette semaine : tourisme et shopping dans la cité.
Nous sommes maintenant entrés dans une phase d’exploration active et de découverte de Shanghai, tous les deux, puis pendant la semaine dernière en compagnie de mes parents, sous une chaleur torride (apparemment une vague de chaleur assez exceptionnelle pour faire la Une des journaux…).
Une bouffée d’oxygène au jardin botanique
Shanghai est donc une ville aux multiples visages. Modernité et immobilier débridé en sont les maîtres mots. Des tours en veux-tu en voilà, des immenses résidences type HLM, des chantiers partout (selon la sagesse populaire*, « on ne peut pas lever les yeux au ciel sans voir une dizaine de grues à l’œuvre », et c’est vrai !), des quartiers rénovés… et pourtant au détour d’une rue, en quittant une grande artère, on peut tomber sur une de ces réminiscences de la Chine « populaire », une ruelle de petites échoppes crasseuses, de petits marchés de rues (où vous n’achèteriez votre poisson pour rien au monde). Elles restent rares mais offrent des contrastes assez saisissants. Un des meilleurs moyens de s’en rendre compte est de monter dans la très futuriste tour de la TV, La Perle de l’Orient (rien que ça !) pour découvrir un panorama étonnant : forêt de building au milieu desquels subsistent des vieux quartiers. Ou de faire une croisière sur la Hang Pu river : à quelques encablures du très chic Bund et ses immeubles art-déco, le port industriel et son trafic de cargos est impressionnant !
Contrastes aussi dans la vie quotidienne des Shanghaïens, parmi lesquels se côtoient allègrement hommes d’affaires et paysans. C’est ainsi qu’en achetant des timbres dans un bureau de poste situé à deux pas du Bund, un des cœurs de la ville moderne (là où se trouvent les restaurants les plus huppés de la ville), nous avons vu la guichetière sortir son boulier pour calculer la somme totale !
Au total, cela fait une ville assez fascinante, et pour nous qui y vivons maintenant, elle offre surtout un éventail de possibilités très appréciable. Ainsi, selon nos envies du jour, pouvons nous choisir entre chiner des antiquités dans la vieille ville ou faire du lèche-vitrine dans des centres commerciaux luxueux et climatisés, déguster un thé dans une maison de thé traditionnelle ou un cocktail dans un bar branché, se noyer dans la foule sous les néons de Nanjing Rd ou flâner sous les platanes de l’ancienne Concession Française, dîner dans un boui-boui chinois ou dans le dernier restaurant occidental à la mode (sans compter tout l’éventail de choix situé entre ces deux extrêmes !).
Autre expérience : faire du shopping à Shanghai. Depuis le week-end de Pâques, nous arpentons les quartiers commerçants de la ville (autant dire pratiquement tous les quartiers) à la recherche des petits détails qui vont transformer au fil du temps notre appartement encore un peu impersonnel en un vrai cocon (tout ce qui « makes an house a home » selon l’expression consacrée en angliche). Nous avons donc commencé par visiter les magasins de meubles traditionnels chinois (véritablement anciens, ou fabriqués de toute pièce, comme on veut). on dit magasins, mais tout ça ressemble plutôt à des entrepôts.
D’ailleurs faire du shopping ici n’a rien à voir avec ce à quoi nous sommes habitués. Vous repérez une rue commerçante sur votre plan, c’est-à-dire une rue où il y a plein de magasins dont l’adresse est indiquée dans « That’s Shanghai », la bible des Shanghaïens (expats ou non) pour sortir, faire du shopping, aller au cinéma, etc…
Vous vous attendez, selon vos standards bien européens, à trouver là une rue animée, avec de jolies vitrines qui donnent envie d’entrer dans des magasins où les articles à vendre seraient agréablement mis en avant, etc… et en fait le taxi vous dépose à une sorte de carrefour qui ressemble davantage à un échangeur d’autoroute qu’à un croisement de rues (paysage urbain dévasté !). Après quoi, il faut bien chercher les magasins, parfois bien cachés dans un hangar au fond d’une ruelle ! Parfois, mieux vaut reprendre le taxi pour aller d’un magasin à l’autre, sous peine, sinon, de errer pendant des heures en cherchant vainement le numéro dans la rue… (même si vous parlez parfaitement chinois, car savoir demander son chemin ne garantit pas l’exactitude de la réponse…)
(Bien entendu, il y a aussi dans Shanghai quelques rues qui ressemblent à des rues commerçantes bien de chez nous, mais généralement on n’y trouve que des magasins branchés de marques de luxe occidentales (Versace, …), pas vraiment le genre d’endroit où nous allons habituellement faire nos courses…)
Quoi qu’il en soit, armés de notre « That’s Shanghai » et autres guides remplis de bonnes adresses, nous avons déjà pu faire emplette de quelques meubles de facture chinoise assez jolis. Pas du très vieux, mais quand même pas du neuf, nous avons choisi les meubles en l’état, et le magasin a fait la restauration à notre goût (ie on choisit la couleur de finition, le polissage ou non, etc…) ; le tout à des prix évidemment à des années lumières de ce qu’on trouve en France : une table de salon + deux petites chaises + un coffre pour 170 € (et encore, si ça se trouve on s’est fait avoir !)
Il faut quand même être conscient que s’il y a une telle offre d « antiquités », c’est aussi parce que beaucoup de gens dans les campagnes sont obligés de vendre leurs meubles pour une bouchée de pain (au propre comme au figuré).
Côté actualités, après une très agréable (bien qu’épuisante !) semaine passée en compagnie de mes parents, nous reprenons à partir d’aujourd’hui le fil de notre vie shanghaienne, à commencer par nos nouvelles mondanités (on commence à avoir plein de contacts ici, c’est très sympa !). Par exemple, ce midi, j’ai rendez vous pour déjeuner dans le jardin du O’Malleys (un pub irlandais, donc) avec mes nouvelles copines francophones (une Belge criminologue, une Chinoise qui a vécu des années en Belgique et qui dit « nonante », une Française d’origine vietnamienne mariée avec un Anglais…et d’autres personnes que je ne connais pas encore… surprise !)
A suivre donc… Dans notre prochaine chronique, excursions aux environs de Shanghai et quelques expériences pas tristes au restaurant…
* Je me permets d’emprunter cette référence à un excellent ouvrage que je vous recommande vivement si vous voulez en apprendre davantage sur la Chine : « L’abécédaire de la Chine » de Philippe Paquet, aux Editions Philippe Picquier, un petit livre très bien fait, qui se lit hyper facilement, récent (2004) et bien documenté, et qui donne pas mal de clés sur la culture chinoise.
